Depuis 2004, SUPER APES, label nantais artisanal et productif, propose d'éclectiques expériences auditives gravées sur différents supports plastiques (CD, vinyles, k7, disquettes...), également disponibles numériquement par le biais des technologies modernes via notre page Bandcamp.

Au programme : Jorge Bernstein & the pioupioufuckers, Arnaud Le Gouëfflec, Vania de Bie-Vernet, Butcher & Szyslak, Serpent, Donkey Saplot, Plaisir Coupable, Moli, Rapid Douglas, Peter Woodwind, Christian Rock Fièvre, The Odd Bods, Bachbullbyrd, Glossop, Poppy No Good, Kaléidoson, monsieur free, Cheaptracks, The Planet Of The Super Apes...


jeudi 30 juin 2011

MAZOUT#6 : Interview de Jorge Bernstein & the pioupioufuckers par Rotor Jambreks

RETIENS LA WIN
Quand je les ai enregistrés pour la première fois, il y a quatre ans, Jorge Bernstein & the Pioupioufuckers pratiquaient leur rock'n'roll foutraque tels des hussards, se moquant du tiers comme du quart. En 2011, la Bernstein Corporation est une entreprise tentaculaire présente dans la musique, le textile et bientôt l'édition. Et les trois capitaines d'industrie qui sont à sa tête ne comptent pas en rester là. Enquête sur une success story.

Le week-end, à la Bernstein Corporation, c'est casual wear. Adieu réunions, graphiques et indicateurs d'activité : le siège de l'entreprise, sur les hauteurs de Saint-Jean-Brévelay Hills, se fait haut lieu de détente à la chaleur d'un poêle à bois. Petit gilet, sweat-capuche ou charentaises sont de rigueur pour le top management. Jorge Bernstein (président honoraire, batterie), M. Free (chargé de communication, guitare et chant) et Piero from the Planet of the Super Apes (directeur des ressources humaines, basse et chant) reviennent sur l'irrésistible ascension de la Bernstein Corporation.

CHÈQUE EN (BAL)BOA
"Nous avons un peu pris confiance en nous", avoue M. Free. En effet, après un premier CD-R en 2009, Jorge Bernstein & the Pioupioufuckers sont montés en puissance en 2010 : deuxième CD-R, premier vinyl, des T-shirts, un album de remix, des dates à valeur ajoutée de cla
sse... et même la publication d'une compilation en hommage à Jorge Bernstein. De son vivant. Ce qui n'est pas rien. Autant de projets ambitieux qui font monter la valeur de la Corp., estimée par Piero à "12 Balboa [la monnaie du Panama, NDLR]." "En tous cas, au minimum, le prix d'une Banette tradition, et plus que celui d'une baguette à la con qui ne se conserve pas", surenchérit M. Free.
Cette valorisation serait bien la plus basse pour les collaborateurs de Jorge Bernstein, dont la dévotion envers la figure de leur leader ne saurait être mise en doute. On sent même de l'admiration pour le parcours d'un homme revenu de "l'enfer du cidre". "Pendant ce passage, Jorge a continué à accumuler du talent sans l'exprimer", avance Piero. "Nous l'avons croisé au Brésil il
y a 6 ou 7 ans. Il venait de l'Alaska pour faire drag-queen au Carnaval de Rio de Janeiro. Ce choc thermique a provoqué l'explosion de la boule de rage que Jorge avait en lui. C'est là que nous avons vu le potentiel de cet homme."

UNE R21 SINON RIEN
Changement de décor pour Jorge Bernstein qui coule aujourd'hui des jours paisibles à Saint-Jean-Brévelay Hills. Loin du tumulte, la Corporation est engagée dan
s un ambitieux programme de rénovation écologique de son parc immobilier. Plus douloureuse, en revanche, est la question de la voiture de fonction du président honoraire : une Renault 21 gris métallisé qui aurait sa légende noire. "Les vérins du coffre ne tiennent plus, admet M. Free, et il faut une planche pour le maintenir ouvert". Une situation qui peut mener au drame : "Il faut éviter à l'avenir de nouveaux problèmes de crapaud mort. On en a retrouvé un presque momifié après être décédé en attendant que Jorge ouvre le coffre." Mais pas question de changer de voiture : "La R21, c'est le rêve américain. Surtout avec une housse de siège en billes de bois. Et on retrouvera la voiture sur la couverture du prochain Tribute to Bernstein."
Cette capacité à dépasser chaque problème se marie parf
aitement avec la rigueur et le professionnalisme de la Bernstein Corporation dans la composition de ses morceaux. Le procédé témoigne d'un niveau de performance très élevé. "Au départ, les morceaux sont composés uniquement sur papier, avec le montage d'un dossier. On choisit un thème qui paraît primordial pour la Bernstein Corporation, et ensuite on creuse un peu, on rajoute quelques notes. Une fois que, sur papier, tout est calé, on soumet au Conseil d'Administration, et le reste est une formalité."

DÉBORDER PAR LE CENTRE
Mais l'essentiel n'est plus là : "le coeur de métier de la Corp
oration, ce n'est plus que le son, ça a évolué." Certes, Jorge Bernstein a su marquer les esprits par ses roulements de caisse claire foutraques, qui seraient les lointains héritages d'une formation initiale au sein d'un bagad. "Il nous est même arrivé d'entendre des roulements alors que Jorge n'était pas à la batterie", s'étonne M. Free. Reste que la Bernstein Corporation veut porter le fer sur d'autres terrains.
La politique, tout d'abord. Premier signe : l'entreprise défend le format audio-numérique .udf contre le format .ump3. Deuxième signe : début janvier, Jorge Bernste
in nous a souhaité une bonne année 1974. Troisième signe, enfin : la Corp. défend la candidature de Valéry Giscard d'Estaing aux présidentielles de 2012, avec le slogan "le futur est notre d'Estaing". Entre chocs pétroliers, chasse au Gaspi et communication 2.0, la Bernstein Corp. fait le grand écart entre hier, aujourd'hui et demain sans rien perdre de sa férocité centriste.
Mais plus que politique, le combat de la Corporation est désormais philosophique. Valeur cardinale défendue : la win, car "winner ensemble, c'est gagner together". "L
a win, c'est Bernstein en tant qu'être collectif. C'est une énergie fédératrice, c'est ce qui donne envie de se lever le matin." Cette idée sera amplement développée par Jorge Bernstein dans un livre, "Manager par la win". Il sera publié courant 2011 par la Marwanny Corporation (rendue célèbre par son jeu "Plan social", entre autres).

LE CHÊNE ET LES GLANDS
Alors, qui est Jorge Bernstein ? Un batteur ? Un entrepreneur ? Un visionnaire ? Un leader charismatique en charentaises ? Difficile de le savoir car Jorge Bernstein adopte un profil public extrêmement discret. Il n'a d'ailleurs pas dit un seul mot durant notre entretien. "La suite logique de la chasse au Gaspi, valable également pour la parole de Jorge", selon Piero. Mais ce silence prouve que les voies de Jorge sont impénétrables. Les voies du Seigneur étant elles aussi impénétrables, faut-il en conclure que Jorge Bernstein est de nature divine ?
Tout porte à le croire, d'après Piero : "Jorge réussit à nous faire passer ses messages sans forcément les verbaliser. On se trouve être les porte-parole, plus ou moins malgré nous, de sa philosophie de vie." M. Free va plus loin : "Jorge est le chêne, nous sommes tous ses glands." Et cela ne s'arrête pas là : les premiers chrétiens avaient choisi le bleu pour représenter Dieu le père
, Bernstein est, lui, en jaune. Le vin symbolise le sang de Jésus, la Bernstein Corporation carbure, elle, au cidre. Et que dire du symbole des ténèbres qu'est le dragon lumineux visible à chaque concert du groupe ? Piero précise cependant : "Il ne faut pas se faire de fausses idées, Jorge a gardé des goûts très simples. Il n'hésiterait pas, comme VGE, à jouer lors d'un repas de famille."
Une certitude reste : Bernstein n'est pas éternel. Pas plus que la Corporation. Par défi, elle a prévu d'arrêter ses activités soit le 11/11/11 à 11h11, soit le 12/12/12 à 12h12. Info ou intox ? Seul Bernstein le sait. En attendant la date fatidique, Piero comme M. Free s'accordent sur un message universel : "Retiens la win, pour nous deux, jusqu'à la fin du monde."


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