Depuis 2004, SUPER APES, label nantais artisanal et productif, propose d'éclectiques expériences auditives gravées sur différents supports plastiques (CD, vinyles, k7, disquettes...), également disponibles numériquement par le biais des technologies modernes via notre page Bandcamp.

Au programme : Jorge Bernstein & the pioupioufuckers, Arnaud Le Gouëfflec, Vania de Bie-Vernet, Butcher & Szyslak, Serpent, Donkey Saplot, Plaisir Coupable, Moli, Rapid Douglas, Peter Woodwind, Christian Rock Fièvre, The Odd Bods, Bachbullbyrd, Glossop, Poppy No Good, Kaléidoson, monsieur free, Cheaptracks, The Planet Of The Super Apes...


mardi 8 octobre 2013

SOLOS MAJEURS ET MULTIPLES / Interview de Vania de Bie-Vernet dans le dernier Longueur d'Ondes

Seul maître à bord, ce banlieusard parisien navigue entre moult projets et genres musicaux à vitesse grand V. Électro débridée, rock impro planant, fausses BOF et bientôt ambient, il défit les lois de la pesanteur de l’industrie discographique.
 
PHOTO by ROCH ARMANDO

Huit albums depuis fin 2011 ! L’entreprise Vania de Bie-Vernet présente une productivité à faire pâlir tous les rapporteurs en mal de compétitivité. Sans aucun choc, ce démiurge polymorphe se joue des frontières musicales, comme un leitmotiv : “Ma productivité s’explique en partie par une longue période de quasi inactivité musicale entre 2007 et 2011, après avoir été membre du trio Archipel. J’ai dû apprendre à faire de la musique tout seul, comme un grand, et j’ai aussi ralenti le rythme pour me consacrer à la paternité tout en ayant un travail alimentaire à côté. L’aspect polymorphe de mon travail résulte en partie de la volonté de casser des habitudes tant stylistiques que dans le processus de composition. En gros, dès que je trouve une formule, je l’exploite sur un album pour ensuite l’abandonner, même s’il y a des choses qui reviennent. Plus simplement, je compose comme j’écoute la musique. Wittgenstein disait que la philosophie est un peu comme une bibliothèque que l’on ne cesse de classer de différentes manières. Écouter deux disques à la suite dans des genres très différents est en général la première chose que je fais pour commencer à développer une idée d’album.”

Son projet principal, Bachbullbyrd, louvoie entre electronica, breakbeat / jazz ou encore tech house, soit un “reader digeste” de la culture électronique : “Je ne suis pas un puriste, même si je n’aime pas tous les mélanges. J’ai un intérêt pour le contraste savant / vulgaire ou expérimental / populaire qui doit me venir de mon admiration pour Roxy Music et 10CC. Le cheap doit côtoyer le savant avec distance et ironie sans être potache, casser les règles d’une manière positive, presque heureuse. Je me
lasse vite donc je casse mon jouet et essaie autre chose parfois dans un même morceau.”

Avec Glossop la base est rock, mais le champ multiple : Mise en plis était une mise en bouche un rien math rock, Six cordes à son arc jouait la prospective 70’s énergique, et le dernier, Truss road, voyage en terre nord-américaine sauvage. La ligne directrice étant l’enregistrement improvisé en une seule prise de guitare sans s’autoriser une seconde tentative, avec ensuite l’ajout d’une programmation rythmique. “N’étant pas guitariste virtuose et sans rapport affectif avec cet instrument, c’est la seule manière de travailler. Mon niveau technique plus que moyen me permet de fixer des limites pour ne pas partir dans tous les sens. Évidemment, à force d’enregistrer, mon niveau s’améliore un peu et permet quelques morceaux un peu tape-à l’œil, mais ils sont plutôt rares et ont un aspect ouvertement ironique.” 


Il a atterri à bon port chez le label Super Apes qui ne singe personne et a notamment placé son catalogue sous licence libre. Alors Vania, à quand un plan de carrière ? “Eh bien, il commence avec cette interview ! Plus sérieusement, mes récentes sorties éveillent la curiosité. Ne faisant pas encore de concert, je vais continuer à sortir des albums au même rythme je l’espère.” Mais qu’est-ce qui te déplaît dans l’industrie musicale à l’ancienne ? “Le temps qu’il faut pour “faire” et “sortir” me paraît ridicule. Je suis en outre très éloigné de ce monde, ayant peu de contacts et surtout pas le temps de parcourir le Tout-Paris pour me faire un carnet d’adresses.”

Article & interview par VINCENT MICHAUD


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